Sans doute, il ne faut pas voir le démon partout ni pratiquer les exorcismes ou les prières de libération à la légère ! ... Néanmoins, la théologie, qui a un rôle éminent à jouer dans l'Église, considère comme une faute, pour ceux qui ont charge d'âmes, de ne pas secourir une personne soumise à l'action du démon. A ce sujet, Mgr Auguste Saudreau, qui est un auteur de grande valeur en spiritualité, a écrit : « Les théologiens, qui ont traité ces questions 'ex professo', déclarent qu'IL Y A FAUTE MORTELLE pour celui qui a charge d'âmes à ne pas exorciser ceux qui sont possédés. Il est évident qu'IL Y AURAIT FAUTE MORTELLE À S'OPPOSER AUX EXORCISMES ET À EMPÊCHER QU'ON PORTE SECOURS à de pauvres ÊTRES qui ont à subir une épreuve spirituelle et corporelle aussi terrible ». (L'état mystique et les faits extraordinaires de la vie spirituelle, ch. 22, Éditions Brunet Arras) Les autorités religieuses ont le devoir grave de tenir compte de cette affirmation théologique, qui n'est pas une simple opinion plus ou moins probable (!), mis qui exprime l'ENSEIGNEMENT COMMUN des théologiens qui ont étudié cette question !...
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Les Influences Diaboliques
Dans l'action du démon, il faut distinguer une façon ORDINAIRE et une autre EXTRAORDINAIRE. La première façon consiste pour le démon à pousser les hommes au péché par les tentations ; quant à la seconde façon, elle peut se traduire par les formes suivantes :
- L'OBSESSION, qui est une suite de tentations plus violentes et plus prolongées que les tentations ordinaires.
- La POSSESSION, où le démon agit réellement dans le corps du patient, au lieu de faire sentir son action seulement du dehors comme dans l'obsession.
- La VEXATION, par laquelle le démon peut causer des troubles dans la santé, les biens matériels, les affections humaines, le travail, etc.
- Les INFESTATIONS, qui peuvent atteindre différents objets, des maisons, des animaux.
- Les SOUFFRANCES externes, coups et sévices, que l'on retrouve dans la vie des saints ou personnes ferventes.
- L'état de DÉPENDANCE du démon, dont la cause est un pacte avec lui.
Avant que la possession ne soit discernée, le démon provoque souvent des troubles physiques et psychiques, pour lesquels les traitements et les médicaments s'avèrent le plus souvent inefficaces. Parmi les maux physiques, on constate que ce sont surtout la tête et l'estomac qui en sont le plus affectés.
Parmi les influences diaboliques SECONDAIRES, on peut mentionner plusieurs anomalies psychiques, comme l'imperméabilité à l'égard des valeurs divines, l'aversion du sacré, le doute religieux, l'incapacité d'éprouver une vraie contrition du péché, l'impossibilité de se concentrer pour la prière et pour la lecture de l'Écriture Sainte, l'angoisse, l'irritabilité, l'agressivité, le blasphème, l'alcoolisme, l'immoralité, la kleptomanie, le tabagisme, la toxicomanie, etc. Devant cette diversité des influences diaboliques, que peut bien faire le psychologue ?...
Dans notre monde permissif, plusieurs deviennent sous l'influence du démon, sans trop s'en apercevoir, en faisant des expériences du côté de la magie, de la sorcellerie, de l'occultisme, du spiritisme, des religions orientales, en ignorant les dangers qu'ils encourent.
Par ailleurs, certains peuvent nuire à autrui par l'intervention du démon au moyen de la magie noire, des malédictions, du mauvais oeil et des sorts.
La certitude de la Possession
Le communiqué de l'Agence France-Presse, dont il a été fait mention précédemment, indique que, selon le nouveau Rituel « l'exorciste ne doit jamais procéder à un exorcisme sans avoir la 'certitude morale' de se trouver réellement face au démon » !... Voilà une exigence qui est théologiquement plus que discutable !...
Il faut rappeler d'abord que les signes caractéristiques d'une possession diabolique ne se manifestent pas constamment ; au contraire, ils apparaissent presque toujours pendant ou vers la fin d'un exorcisme. Sauf dans les cas les plus graves, le sujet possédé peut continuer à vaquer à son travail, à poursuivre des études, d'une manière apparemment normale, étant en réalité le seul à connaître les efforts que cela lui demande. Lorsqu'il ne se trouve pas en présence d'une influence religieuse, le possédé n'attire habituellement pas l'attention ; au contraire, il peut être aimable et discret !...
Le discernement est souvent difficile et conjectural et c'est l'exorcisme lui-même qui permet de diagnostiquer la possession. Les trois principaux symptômes de la possession, c'està-dire une force surhumaine, le parler en langues inconnues et la connaissance de choses cachées, ne se manifestent jamais avant l'exorcisme et toujours pendant celui-ci. C'est au cours de l'exorcisme que l'exorciste discerne graduellement la gravité du mal, qu'il constate s'il s'agit d'une possession, d'une obsession, d'une vexation, et si le mal est profondément enraciné.
Il convient de remarquer que le nouveau Code de droit canonique n'exige plus la certitude de la présence du démon pour prononcer un exorcisme (can. 1172), comme le faisait l'ancien Code (can. 1151).
D'ailleurs, pourquoi prendre tant de « précautions » pour éviter de nuire au démon, alors qu'il est la cause, plus ou moins lointaine, de tout le mal qu'il y a chez les hommes et sur la terre ?... De plus, selon le témoignage de nombreux exorcistes, jamais un exorcisme, qui n'était pas nécessaire, n'a causé le moindre dommage ; par contre, ils ont parfois eu à regretter de l'avoir omis !...
A ce sujet, on peut admirer la « sagesse » du père Francescau Palau, béatifié par le pape Jean-Paul II, le 25 avril 1988 !... Il accueillait les malades mentaux et il les exorcisait TOUS : alors, ceux qui étaient malades restaient malades, tandis que les possédés étaient libérés !...
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